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Le singe devenu Dieu

Harari ou le transhumanisme pour les nuls

 

L’immortalité joyeuse

 

Mouammar Kadhafi a, paraît-il, émis l’idée que le destin d’un homme dépend de la façon dont il se représente la mort [1]. Peut-être en va-t-il de même du destin d’une civilisation.

Aucun livre ne formule avec plus d’assurance la conception de la mort qui prédestine notre civilisation matérialiste et marchande, que le nouveau volume de Yuval Noah Harari, Homo Deus : Une brève histoire de l’avenir, qui fait suite à son précédent livre Sapiens : Une brève histoire de l’humanité, traduit en plus de 40 langues et vendu à plus de 5 millions d’exemplaires.

Ce gay Israélien, médiéviste de formation, a produit le parfait catéchisme du transhumanisme, cette nouvelle religion scientiste qui proclame la capacité de l’homme de faire évoluer sa propre espèce par la technologie et devenir immortel : soit, selon l’expression de Harari, « la transformation de l’homme en dieu », the upgrading of men into gods en version original (le traducteur français a opté pour « transformation », alors que la traduction admise de upgraded man est « l’homme augmenté »).

Cette transformation/augmentation se fera selon trois voies, selon Harari : l’ingénierie biologique, l’ingénierie cyborg, et l’ingénierie des êtres non-biologiques.

« Les bio-ingénieurs vont [...] se saisir du vieux corps de Sapiens et en réécrire délibérément le code génétique, recâbler ses circuits cérébraux, modifier son équilibre biochimique, voire lui faire pousser des membres nouveaux. Ce faisant, ils vont créer des déités, qui pourraient bien être aussi différentes de nous, Sapiens, que nous le sommes d’Homo erectus. Le génie cyborg ira plus loin, et fusionnera le corps organique avec des appareils non organiques, tels que des mains bioniques, des yeux artificiels ou des millions de nanorobots qui navigueront dans nos vaisseaux sanguins, diagnostiqueront les problèmes et répareront les dommages. [...] Une approche plus audacieuse consiste à se passer carrément de parties organiques en espérant fabriquer des êtres entièrement non organiques. Les réseaux neuronaux seront remplacés par un logiciel intelligent qui pourrait surfer dans les mondes virtuel et non virtuel en échappant aux limites de la chimie organique. Après quatre milliards d’années d’errance dans le royaume des composés organiques, la vie fera irruption dans l’immensité du champ inorganique et prendra des formes qu’on ne saurait envisager même dans nos rêves les plus fous. Après tout, nos rêves les plus fous sont aussi le produit de la chimie organique. »

Harari est platement verbeux, n’a aucune culture philosophique (il ne semble pas avoir entendu parler du « surhomme » de Nietzsche, un comble pour un transhumaniste), et ne maîtrise pas les complexités de la science qu’il vulgarise. Mais c’est probablement ce qui explique le succès mondial que lui a fabriqué la machine médiatique. Un manuel d’endoctrinement doit être immédiatement compréhensible par toute personne de niveau Bac moins 1, et ne doit pas laisser place au doute : il n’est pas fait pour soulever des questions, mais pour asséner des réponses sans nuances, injecter des idées reçues, avec l’autorité du sage reconnu par ses pairs.

Que pourrait-on attendre, du reste, d’un homme qui se conçoit lui-même comme constitué d’algorithmes ? Le mot « algorithme », défini comme « un ensemble méthodique que l’on peut utiliser pour faire des calculs, résoudre des problèmes et prendre des décisions », revient 250 fois dans le livre de Harari, car il le tient pour « le concept le plus important dans notre monde ». L’esprit humain n’est selon lui qu’un assemblage d’algorithmes, tout comme celui « des cochons, des babouins, des loutres et des poulets » (notre auteur raffole de ces listes, où s’exprime tout son talent). Les émotions, par exemple, ne sont que « des algorithmes biochimiques qui sont vitaux pour la survie et la reproduction de tous les mammifères ».

 

Du droit-de-l’hommisme au transhumanisme

 

Ainsi commence l’argumentation de l’algorithme Harari :

« La Déclaration universelle des droits de l’homme […] déclare catégoriquement que le “droit à la vie” est la valeur la plus fondamentale de l’humanité. Puisque la mort viole clairement ce droit, la mort est un crime contre l’humanité. Nous devons mener contre elle une guerre totale. […] La Déclaration universelle des droits de l’homme ne dit pas que les hommes ont le "droit de vivre jusqu’à quatre-vingt-dix ans", mais que tout être humain a droit à la vie, point barre. Ce droit n’est limité par aucune date d’expiration. »

Le combat contre la mort serait donc, selon cette argument algorithmique, la mission que se serait assignée, sans s’en douter, l’homme moderne.

Les religions, qui ont fait leur temps, concevaient la mort comme un moment essentiel de la vie, l’ultime rendez-vous qui donne sens à toute l’existence. Mais la mort est aujourd’hui une question médicale, et non plus religieuse ; c’est un problème technique, qui appelle une solution technique.

« Les humains meurent toujours des suites d’un pépin technique. Le cœur cesse de pomper le sang. Des dépôts de graisse bouchent l’artère principale. Des cellules cancéreuses se répandent dans le foie. Les germes se multiplient dans les poumons. Et qu’est-ce qui est responsable de tous ces problèmes techniques ? D’autres problèmes techniques. […] Rien de métaphysique dans tout cela. Uniquement des problèmes techniques. / Et tout problème technique a une solution technique. […] Nous pouvons tuer les cellules cancéreuses par la chimiothérapie ou des nanorobots. Nous pouvons exterminer les germes de nos poumons par des antibiotiques. Si le cœur s’arrête, nous pouvons le ranimer par des médicaments ou des électrochocs – et si ça ne marche pas, on peut implanter un nouveau cœur. »

Parce que la médecine parvient à guérir une à une toutes les maladies, elle finira par parvenir à retarder la mort indéfiniment. Harari se fait donc le porte-parole des savants qui « assurent que le projet phare de la science moderne est de vaincre la mort et d’offrir aux humains l’éternelle jeunesse ». Et il applaudit les sponsors de cette recherche prometteuse que sont Peter Thiel, cofondateur de Paypal, ou Ray Kurzweil, directeur de l’ingénierie chez Google et fondateur de sa filiale Calico dédiée à « résoudre le problème de la mort ».

Pourquoi donc un tel projet ?

« Si vous faites entrer en ligne de compte notre croyance en la sainteté de la vie humaine, qui vous y ajoutiez la dynamique de l’establishment scientifique et couronniez le tout par les besoins de l’économie capitaliste, une guerre implacable contre la mort paraît inévitable. […] Peux-on imaginer défi scientifique plus excitant que de duper la mort, ou marché plus prometteur que celui de la jeunesse éternelle ? »

Le second défi majeur qui occupera les marchands de rêve de demain, pour les mêmes raisons, sera la quête de la félicité (bliss). Le bonheur n’étant rien d’autre qu’une sensation produite dans le cerveau par des substances chimiques comme la sérotonine, la dopamine et l’ocytocine, la quête de la félicité est, elle aussi, une quête scientifique, neurochimique. Toutes les drogues déjà sur le marché n’en sont que les balbutiements.

 

Du darwinisme au transhumanisme

 

On l’aura deviné, le postulat de base de Harari est un darwinisme dogmatique et simplet, qui ignore – ou feint d’ignorer – l’état de crise permanente dans laquelle se trouve la science darwinienne, traversée par un nombre grandissant de contradictions (la dernière en date étant la découverte des phénomènes « épigénétiques », qui sont des caractères acquis génétiquement transmissibles, soit l’hérésie par excellence). Par une grossière malhonnêteté coutumière des militants de l’athéisme philosophique, Harari confond également – ou feint de confondre – évolution et darwinisme, lorsqu’il assène par exemple :

« Si vous comprenez vraiment la théorie de l’évolution, vous comprenez qu’il n’y a pas d’âme »

ou :

« De même que l’évolution est incompatible avec l’existence d’âmes éternelles, de même elle ne peut admettre l’idée de libre-arbitre. »

Il existe, bien évidemment, d’autres façons d’envisager l’évolution que le darwinisme, compatibles avec un « dessein divin » (Intelligent design) et avec l’immortalité de l’âme. Mais c’est une stratégie efficace que de faire croire aux consommateurs d’idées reçues qu’ils n’ont le choix qu’entre la Bible et Darwin.

À cela près, Harari a raison : le darwinisme bien compris ne laisse aucune place au libre-arbitre. Il postule qu’il n’y a rien d’autre dans l’univers que le déterminisme et le hasard (randomness). Comme le reste du règne animal (« rats, chiens, dauphins ou chimpanzés »), l’homme est le produit d’une très longue série d’accidents génétiques totalement fortuits, triés par la sélection naturelle, c’est-à-dire par la survie des plus aptes à survivre.

Et cependant, il y a soixante-dix mille ans, se serait produit chez les grands singes, de façon purement accidentelle bien entendu, la « révolution cognitive », une mutation génétique ayant permis à un hominidé de se doter d’un langage et de nouvelles capacités algorithmiques. Le temps de s’habituer à ses nouvelles facultés, et voilà notre homo sapiens devenu maître de son destin et, quelques millénaires plus tard, prêt à opérer sa mutation en dieu immortel. Ce récit mythique, dont Harari n’est que le énième prophète, se présente sous la forme d’une révélation en deux temps : d’abord, la mauvaise nouvelle de la mort de Dieu et la fin de toutes les illusions, le désespoir métaphysique : « L’ancienne alliance est rompue ; l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’Univers dont il a émergé par hasard », décrétait déjà Jacques Monod (Le hasard et la nécessité, 1970). Harari enfonce le clou : il n’y a pas de « grand plan cosmique ».

« Nous ne sommes pas des acteurs dans un film grandiose. La vie n’a pas de scénario, pas d’auteur, pas de metteur en scène, pas de producteur – et pas de sens. »

Nous nous agitons misérablement pendant un court instant sur une parcelle insignifiante de l’univers, puis nous disparaissons à tout jamais. Après cette proclamation de notre damnation à l’insignifiance, vient la bonne nouvelle, l’annonce de la rédemption, l’alliance nouvelle de l’homme avec lui-même, la prophétie de son auto-divinisation par le miracle de la haute-technologie.

« Un jour notre connaissance sera si étendue et notre technologie si avancée que nous pourrons distiller l’élixir de l’éternelle jeunesse, l’élixir du vrai bonheur, et n’importe quelle autre drogue que nous pourrons désirer – et aucun dieu ne nous arrêtera. »

« Après avoir réduit la mortalité liée à la faim, à la maladie et à la violence, nous allons maintenant chercher à triompher de la vieillesse et de la mort elle-même. Après avoir sauvé les gens de la misère profonde, nous allons chercher à les rendre vraiment heureux. Et ayant sorti l’humanité de la brutalité des luttes pour la survie, nous allons chercher à hisser les hommes au rang de dieux, à transformer Homo sapiens en Homo deus. »

Le lien entre ces deux dogmes est d’une insolente simplicité : à partir du déterminisme apparaît l’auto-détermination, et ce, par une série de purs hasards, c’est-à-dire d’erreurs aléatoires dans la réplication du code génétique. En fin de course, le hasard et la nécessité auront transformé l’homme-singe, entièrement soumis à ses pulsions, dénué d’âme et de libre-arbitre, en homme-dieu, maître absolu de son destin.

Il s’agit moins d’un discours rationnel que d’un schéma mythique, auquel on adhère non par examen logique, mais par conformisme et soumission à l’autorité ; d’où l’importance de l’enseigner dès la maternelle. C’est un mythe à la fois généalogique et eschatologique, qui englobe sous forme diptyque l’origine et le destin de l’humanité : « Nous étions des singes, nous serons des dieux. »

Ce mythe à deux faces (comme les deux livres de Harari) plonge l’esprit dans une étrange schizophrénie, comme par une sorte de « double lien » (double bind) métaphysique : d’un côté, l’homme réduit à ses déterminismes biologiques, une bête mue par des pulsions (comme l’affirme par exemple le très darwinien Freud) ; de l’autre, le fantasme prométhéen de la toute-puissance humaine, l’homme autocréé parce qu’incréé. Seul un forcené devrait normalement pouvoir faire coexister dans son esprit deux pensées aussi contradictoires, mais c’est pourtant ce dont une grande partie de l’humanité se laisser convaincre depuis un siècle, sans grande résistance.

Il y a un siècle déjà, le penseur britannique Bernard Shaw, partisan de la théorie de « l’évolution créatrice », sonnait l’alarme : dans ses applications politiques, le darwinisme « a produit une catastrophe européenne d’une magnitude si consternante, et d’une étendue si imprévisible, qu’alors que j’écris ces lignes en 1920, il est loin d’être certain que notre civilisation y survivra. » (Réflexions sur le darwinisme).

Mais Shaw était lui-même loin d’imaginer que le darwinisme philosophique produirait, entre la Silicon Valley et Tel-Aviv, une nouvelle forme de religion agressivement missionnaire, avec ses prophètes allumés comme Anthony Levandowski, l’ingénieur transfuge de Google qui vient de fonder une organisation religieuse baptisée Way of the Future consacrée à l’adoration du dieu en devenir, l’Intelligence artificielle.

 

Que dit vraiment le darwinisme ?

 

Pourtant, si l’on fait l’effort de se mettre dans la tête de ces gens fort intelligents (algorithmiquement parlant) qui accordent foi à l’utopie transhumaniste, leur croyance n’est pas si illogique. Car quiconque est fermement persuadé que le hasard seul a été capable de transformer pas à pas la bactérie en être humain, a toutes les raisons d’espérer que l’homme saura faire mieux que le hasard et produire une nouvelle espèce.

On croit communément que le darwinisme attribue l’évolution à la sélection naturelle, et non au hasard. Mais c’est une erreur, délibérément entretenue par les vulgarisateurs et éducateurs pour masquer la scandaleuse imbécillité de la théorie.

Selon Darwin, la « sélection naturelle » n’est pas créatrice en soi ; elle n’agit que négativement en éliminant les individus les moins aptes :

« Elle implique seulement la conservation des variations accidentellement produites, quand elles sont avantageuses à l’individu dans les conditions d’existence où il se trouve placé ». [2]

L’idée est simple et aisément illustrée : lorsque la nourriture des biches brouteuses de feuilles vient à manquer, celles qui meurent les premières sont les biches au cou le plus court. Ce processus de sélection, répété sur une très longue échelle, produit des girafes, à condition toutefois qu’un nombre indéfini d’accidents génétiques produise à chaque fois, chez certains spécimen, un rallongement exceptionnel du cou chez certains spécimens, qui doivent à chaque fois donner naissance à des biches ayant le même avantage. Par ce mécanisme simple, Darwin explique comment, par une accumulation sur quelques millions d’années de « variations accidentellement produites », la bactérie est devenue homo sapiens, en passant par le poisson et le singe.

Seules, donc, les « variations accidentellement produites » produisent l’évolution, la sélection naturelle ne fait que les trier. Ces variations sont accidentelles, fortuites, aléatoires. C’est donc le hasard qui a créé l’homme, car une somme de hasards, aussi longue soit-elle, reste un hasard, et même un hasard plus improbable encore que chacun de ses termes. C’est mathématique.

Cependant, Darwin avait bien conscience que le hasard n’est pas une notion scientifique :

« Je me suis jusqu’à présent exprimé comme si les variations […] étaient dues au hasard. Ce terme, qui, cela va sans dire, est incorrect, sert simplement à indiquer notre ignorance complète de la cause de chaque variation particulière. »

Il parlait aussi des « variations qui nous apparaissent, dans notre ignorance, surgir spontanément », et il n’excluait pas que ces variations puissent être autre chose que des « accidents ». Par exemple, contrairement à l’idée reçue, il ne rejetait pas totalement la possibilité de transmission des caractères acquis, qu’avait avancée bien avant lui le Français Jean-Baptiste de Lamarck. Comme c’est souvent le cas, le maître était moins dogmatique que ses disciples.

Ce n’est que dans les années 1930, avec les découvertes génétiques, qu’on s’avisa que les variations accidentelles supposées par Darwin étaient des erreurs dans la reproduction de l’ADN, et l’on se mit à parler de « mutation génétique ». L’expérience prouve, cependant, que les gènes sont des réplicateurs et donc des stabilisateurs et que leurs mutations accidentelles ne produisent que des dégénérescences, généralement stériles, et en aucun cas connu un quelconque « avantage sélectif » qui permettrait au gène mutant de l’emporter. Autrement dit, la sélection naturelle tend à préserver le patrimoine génétique en éliminant les individus qui dévient trop du standard. Elle possède une marge de manœuvre et peut éventuellement produire une certaine adaptation aux changements d’environnement, dans les limites d’une espèce donnée, mais, d’une manière générale, elle empêche l’évolution au lieu de l’encourager.

Il est vrai qu’une « sélection artificielle » permet à la longue d’ « améliorer » une espèce animale domestique du point de vue d’un critère particulier (rendement en lait ou en viande, par exemple) et, au sein de l’espèce, créer une nouvelle « race ». Mais non pas une nouvelle espèce ; même la génétique moderne ne permet pas d’envisager de franchir ce pas.

Les découvertes génétiques et le bon sens auraient donc dû causer l’extinction du darwinisme parmi les théories crédibles de l’évolution. S’il n’en fut rien, si au contraire on bricola une nouvelle forme de darwinisme spéculatif sous le nom de « théorie synthétique de l’évolution », c’est parce que le darwinisme était déjà, à cette époque, devenu le dogme d’une théologie de la mort de Dieu à laquelle adhérait la science orthodoxe. Il existe de fait une stricte sélection darwinienne au sein des universités, qui élimine impitoyablement tout scientifique non darwinien [3].

Sur Darwin repose entièrement l’idée que l’homme est apparu de façon purement accidentelle à partir des premières bactéries, sans l’intervention d’aucun Créateur, par la simple combinaison du « hasard et de la nécessité ». Le darwinisme est le cœur de la théologie nihiliste. Il synthétise l’idée que l’homme moderne est censé avoir de lui-même de par sa culture scolaire. C’est à la fois une doctrine sur l’essence de l’homme et un mythe de la création de l’homme.

Le darwinisme s’est très vite imposé comme le cadre indépassable de toutes les « sciences humaines ». Sigmund Freud, par exemple, doit son succès au fait d’avoir refondé la psychologie sur un postulat darwinien. Puisque, selon la logique darwinienne, la procréation détermine l’avantage sélectif, c’est logiquement dans la pulsion sexuelle que Freud a trouvé la clé du psychisme humain. Le freudisme est le frère cadet du darwinisme, et tous deux vont de pair dans le paradigme matérialiste.

Sans être explicitement freudien, Harari l’est implicitement dans la mesure où sa conception du bonheur (« Il est une seule chose, et une chose seulement, qui rende les gens heureux : les sensations agréables ») est fidèle à l’idée de Freud que « c’est simplement le principe du plaisir […] qui gouverne dès l’origine les opérations de l’appareil psychique » (Malaise dans la civilisation, 1929).

Le transhumanisme est lui aussi dans la continuité logique du darwinisme, et n’est pas plus absurde. La divinisation de l’homme est une tentative – la seule possible – de sortir du désespoir darwinien tout en restant dans le darwinisme. Tentative bien évidemment vouée à l’échec. Il est inévitable qu’un jour ou l’autre, le bon sens ramène l’humanité vers l’humilité devant le grand et merveilleux mystère de la vie.

Laurent Guyénot

Notes

[1] Je n’ai pu retrouver ce texte dans lequel Kadhafi philosophiait sur les représentations féminines et masculines de la mort. Je remercie par avance le lecteur qui pourra m’indiquer une source.

[2] Darwin, L’Origine des espèces

[3] J’en ai fait les frais personnellement lorsque, tout juste muni de mon doctorat, j’ai été exclu d’un poste d’assistant en cours d’anglais pour la seule raison—on me l’a clairement fait comprendre—que j’avais traduit, édité et préfacé le livre du professeur Phillip Johnson, Le Darwinisme en question.

Du même auteur, chez Kontre Kulture :

À lire également, chez Kontre Kulture :

 

Voir aussi, sur E&R :

 
 






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124 Commentaires

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  • #1816528
    Le 10 octobre à 13:25 par McAron
    Le singe devenu Dieu

    La divinisation de l’homme, c’est aussi le projet chrétien, tel qu’exprimé par l’Eglise d’Orient à travers ses plus grands théologiens, notamment Maxime le Confesseur : "Dieu s’est fait homme pour que l’homme se fasse Dieu", selon la phrase prêtée à saint Irénée (Byzantin écrivant en grec). Le projet transhumaniste apparaît alors comme l’inversion maligne, matérialiste, névrotique, d’une aspiration spirituelle dont le christianisme orthodoxe a donné la plus haute expression.

     

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    • #1816851
      Le 10 octobre à 23:40 par Seconde classe
      Le singe devenu Dieu

      Très juste.
      Rappelons-nous par ailleurs, plus tardivement, du succès de "De l’imitation de Jésus-Christ" (De imitatione Christi, je vous laisse chercher) qui a touché une base de fidèles extrêmement large en Europe à la fin du XVe et pendant le XVIe s., et qui a exprimé ce désir, si je ne fais pas d’anachronisme, d’atteindre à la déité (une part au moins de celle-ci) pendant sa vie ; à tout le moins, de côtoyer Dieu à l’issue de l’Apocalypse.

      Ceci dit, on peut également ajouter le même commentaire, mais en inversant le paradigme, à propos de la "philosophie" (puisqu’elle refusera toujours de se nommer "religion") bouddhiste, qui enseigne que Dieu (ou plutôt "l’Eveil") sommeille par contre en chaque homme, à qui il appartient de le découvrir en lui-même.

      Pardon pour cette schématisation à la hache - le bouddhisme est un peu plus riche et complexe -, mais, grosso modo, c’est ça : l’univers est fait d’atomes et la déité ne vient pas du ciel, n’est pas extérieure à l’homme, n’est pas transcendante.
      Elle est immanente, consubstantielle à tout homme (à toute forme de vie, en fait) dès sa conception, lovée dans son esprit/âme. Quiconque naît, a la tâche, pour échapper au cycle sans fin de la douleur induite par le désir, de la révéler à soi-même et, mieux encore, au monde.

      Il a probablement existé d’antiques hérésies chrétiennes pour exprimer cette intuition (que j’ai envie de qualifier de "naturelle", sans esprit polémique, mais très plausible pour quiconque a la chance d’avoir ne serait-ce qu’un embryon de vie spirituelle).

       
    • #1816910
      Le 11 octobre à 03:36 par Francois Desvignes
      Le singe devenu Dieu

      Il ne faut pas céder à la mode du paradoxal et de la xénophilie.

      " Dieu s’est fait homme pour que l’Homme devienne dieu" est une citation de Saint Athanase dit le Grand.

      Avant d’être un saint "orthodoxe" il est évêque d’Alexandrie, Père de l’Eglise catholique, et un de ses 36 Docteurs.

      La citation que vous faites est fausse et hérétique : St Anathase n’a pas dit se fasse dieu mais devienne dieu.

      Il n’appartient pas à l’homme de "se faire dieu". Anasthase a dit "devienne" et non "se fasse".

      L’homme se faisant l’égal de dieu : c’est le péché originel, la rébellion de Lucifer.
      L’homme devienne dieu : c’est le retour à sa condition avant le péché originel, dieu parce qu’uni à Dieu.

      Dieu s’est fait homme pour que l’Homme redevienne dieu avec Dieu.

      Et non pour qu’il se fasse dieu, donc proto dieu contre Dieu.

      Bien sûr : la république est luciférienne.
      Et vous venez de prendre sa défense.

       
    • #1817174
      Le 11 octobre à 14:51 par McAron
      Le singe devenu Dieu

      @ François Desvignes
      Et en grec, comment Anastase disait-il "devenir" ? Parce qu’il ne vous a pas échappé qu’Anastase n’écrivait pas en français ! (en passant, il n’avait certainement jamais entendu parler de Lucifer, mot tiré de la Vulgate latine).

       
  • #1816557
    Le 10 octobre à 14:27 par Uncle_Whitey
    Le singe devenu Dieu

    J’ai lu l’ouvrage en question , et je remercie l’auteur de cet article pour ses propos plus que pertinents.
    J’ai été séduit par le sujet de ce bouquin , mais je l’ai acheté avec un arrière goût de " Attention au Best-seller " ! ... J’avais pas tout à fait tort !

     

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  • #1816571
    Le 10 octobre à 15:00 par Camille
    Le singe devenu Dieu

    Voilà toute la bêtise et la naïveté de l’homme : "tout comprendre et vouloir tout maîtriser"
    Quand l’homme comprendra qu’il a une âme avant d’avoir un cerveau, alors l’histoire du monde changera sous tous les rapports...Laissons Dieu faire et soyons à son service nous apprendrons enfin qui nous sommes.

     

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    • #1816773
      Le 10 octobre à 20:42 par hervé
      Le singe devenu Dieu

      quel besoin la nature aurait-elle de nous doter d’une âme immortelle ? Et admettons que ce soit "Dieu" qui implante une âme immortelle dans l’homme (la preuve de l’existence d’une âme immortelle ? J’attends toujours), Dieu arriverait comme un cheveu sur la soupe avec son "âme immortelle", au sein d’une création à laquelle il semble étranger (on l’imagine créer un système parfait et statique, comme celui décrit dans la Bible, mais pas un système imparfait et en constante évolution comme le nôtre ). A partir de quel stade de l’hominisation de certains grands singes Dieu aurait-il décidé de leur implanter une âme immortelle ?

       
    • #1817125
      Le 11 octobre à 13:39 par Antinafs
      Le singe devenu Dieu

      Laissons Dieu faire ?? Mais si on comptait sur Dieu pour arranger les choses on en serait encore à l’age de pierre ma pauvre Camille ! Perso je ne lui fais pas confiance et ne compte que sur moi pour manger tous les jours et ne pas me faire égorger le soir dans le métro .

       
    • #1817308
      Le 11 octobre à 18:40 par Paul
      Le singe devenu Dieu

      Tout a fait d accord.
      Le mot "singe" et le mot "Dieu" ensemble ...
      Je ne lirai pas ce livre .
      L homme ne se réduit pas a la génétique

       
  • #1816615
    Le 10 octobre à 16:11 par Mami Wata
    Le singe devenu Dieu

    Vous voulez avoir une petite idée des dangers du transhumanisme ? Regardez cette série américaine Fringe, je pense qu’elle est quand même l’une des rares à avoir essayé de traiter avec un peu de sérieux (même s’il s’agit avant tout de divertissement) les questions liées au transhumanisme et aux théories évolutionnistes. Dans la série il y a ces personnes appelées "les observateurs" qu’on prenait au départ pour des extra-terrestres mais qui n’étaient en réalité que des êtres humains "évolués" venus d’un lointain futur. Et ces "observateurs" là à mon avis soulèvent de véritables questions : Quel est le but, l’objectif final de la science ? Est-elle censée améliorée nos vies ou mieux, nous rendre immortels ? Pourquoi devenir mi homme mi machine ? Le transhumanisme est-ce vraiment le progrès ? En matière de recherches scientifiques, n’est-il pas raisonnable de se fixer des limites ? Si oui, sur quelles bases ? religieuses, philosophiques ou encore scientifiques ?

     

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    • #1816727
      Le 10 octobre à 19:36 par Eric
      Le singe devenu Dieu

      Voilà la bonne approche ! Cette évolution vers un homme amélioré pose question. Des questions d’ordre philosophique, éthique, etc...
      La transumanisme n’est que le prolongement de la médecine moderne et son but ultime, même si d’aucun préfère ne pas se l’avouer. Tout ses détracteurs ici, sont les premiers à courir chez le médecin pour soigner un petit rhume.. L’espérance de vie est passé de 40ans à 85ans en un siècle, uniquement grâce aux progrés de la médecine. Ne pas dire que ce n’est pas une façon de repousser la mort...
      Pour le moment ceux qui remettent en cause la théorie de Darwin n’ont opposé d’autres arguments que : "c’est faux, c’est absurde, etc..." Nous attendons avec impatience que soit écrit noir sur blanc leur théorie. Parcs que si Darwin a tout faux, qui a raison ? et nous aimerions connaitre la vérité.

       
    • #1816975
      Le 11 octobre à 10:13 par ole
      Le singe devenu Dieu

      La transumanisme n’est que le prolongement de la médecine moderne



      La médecine a pour vocation de soigner, de restaurer ce qui est défectueux.
      Le transhumanisme prétend modifier, dépasser, améliorer la nature humaine.

      C’est cette distinction qui doit nous permettre de faire un tri moral parmi les possibilités offertes par la technique.

      Quant au Darwinisme, il est en effet absurde.
      L’origine des êtres est une question métaphysique et non empirique, elle ne peut donc faire l’objet d’une théorie scientifique. La nature ne saurait expliquer sa propre origine.
      Il est donc tout aussi absurde d’exiger de ses détracteurs une théorie scientifique concurrente.

       
  • #1816656
    Le 10 octobre à 17:19 par Socrade
    Le singe devenu Dieu

    L’enjeu réel du transhumanisme est l’immortalité physique par contrôle du fonctionnement de l’ADN, permettant de rester éternellement jeune. Ca résout le seul problème qui reste aux ultra-riches : ils perdent finalement tout parce qu’ils vieillissent et meurent et ne peuvent rien contre ça. L’inégalité entre les ultra-riches et les autres va alors prendre une dimension métaphysique car la seule consolation des pauvres étaient que les riches subissent comme eux le vieillissement et la mort. Cette fois-ci ils auront tout et pour l’éternité. Mais pas tout à fait car s’ils ne vieillissent pas ils pourront quand même être tués par agression physique tout comme les humains mortels. Les transhumains vont donc vivre dans la terreur permanente que les pauvres puissent les tuer. Et pas seulement directement mais par les dommages collatéraux qu’ils infligent à la planète du fait de leur nombre et de leur reproduction.

    Le grand projet des transhumains immortels va de ce fait être très rapidement la destruction de tous les humains. Evidemment cela se fera via des manipulations massives visant à déclencher un chaos écologique (réversible) et humain justifiant pleinement la destruction de l’humanité.

     

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    • #1816937
      Le 11 octobre à 07:11 par rectificateur
      Le singe devenu Dieu

      Votre commentaire en gras est bien le centre du problème, bravo. En effet, ce fantasme d’homme augmenté n’est rien d’autre qu’une lubie de riches, voire d’hyper-riches. Un peu comme le tourisme spatial.

      Et n’en déplaise à certains, ça n’a rien à voir avec l’amélioration de la santé et l’augmentation de l’espérance de vie, que nous cherchons tous, et qui n’a pas grand-chose à voir avec les "progrès" de la médecine occidentale mais beaucoup avec ceux de l’éducation, de l’hygiène et de l’accès à l’énergie bon marché.

       
    • #1817286
      Le 11 octobre à 18:02 par JP
      Le singe devenu Dieu

      Pour ce projet, il faut des techniciens spécialistes. On ne peut compter sur leur loyauté si on ne les inclue pas parmi le groupe des immortels.
      Et ces techniciens, comme tous ceux dont la fonction est vitale pour le système (technocrates, aiguilleurs du ciel, etc...) gagneront fatalement une forme de pouvoir.
      Lorsque se posera la question de l’élimination des pauvres, les techniciens pourraient trouver que c’est une opération bien compliquée, si l’on veut à la fois éviter le risque d’un retour de bâton de la part des pauvres, et éviter de rendre la planète invivable. Ils pourraient devenir des Keynésiens qui s’ignorent, adeptes de l’euthanasie des rentiers, et considérer plus simple, dans un premier temps, de jeter en pâture aux pauvres ceux des immortels qui n’ont aucune utilité concrète pour la survie du système, c’est-à-dire les ultra-riches...
      Ces derniers, pour prévenir la prise du pouvoir par les techniciens, n’auront pas de solution plus simple, à moyen terme, que de mettre les techniciens en concurrence avec des pauvres sélectionnés, recrutés et formés pour remplir les fonctions assurées par les techniciens. Mais rapidement ces anciens pauvres exigeront également l’immortalité pour eux.
      etc, etc...

       
    • #1817739
      Le 12 octobre à 12:04 par Socrade
      Le singe devenu Dieu

      @JP : non, ça va très bien se passer pour la raison suivante : en recoupant les articles précédents de M. Guyénot c’est très facile de repérer quel groupe éthnique va se retrouver sur-représenté chez les transhumains. Grâce à différents articles publiés sur ER on peut noter que ce groupe est déjà sur-représenté par un facteur 20x à 100x dans les grandes degueulasseries humaines que sont : la mise en oeuvre pratique de l’esclavage, la mise en oeuvre de l’extermination sociale soviétique, la traite des blanches, le déclenchement des grandes guerres, la décision du 11 septembre et de ce qui s’en est suivi. Pour se représenter la signification causale d’un facteur 100x il faut se calibrer sur les facteurs à partir desquels les medias vous mettent la terreur par exemple sur "la consommation de viande donne le cancer" : ils parlent en réalité d’une augmentation du risque de 1,2x. En médecine on est content quand on a un facteur 2x dans une étude. Là on est vers 100x soit une causalité de dégueulasserie massive. Pour la plus grande degueulasserie advenue sur cette planète il faut donc s’attendre à un facteur de sur-représentation de 1000x c’est à dire à une pureté ethnique quasi-parfaite ce qui se traduira par une mise en oeuvre parfaitement occultée et parfaitement exécutée, encore bien plus réussie que l’hallucinant 11 septembre. M. Guyénot a montré que ce groupe est matérialiste, de ce fait ne valorise que l’argent car il est la mesure de toute chose matérielle et qu’il utilise le surnaturel de façon purement utilitaire pour imposer l’idée qu’il a été élu comme le groupe éthnique qui doit contrôler les autres groupes ethniques et les amener vers le Bien par unification planétaire. Ceux qui s’opposent à cette vision s’opposent donc au Bien et à cette volonté surnaturelle et peuvent donc être détruits sans aucun sentiment de culpabilité : voici l’essence de la malfaisance élective. Avec l’avènement de l’immortalité individuelle l’extermination ultime se fera moins par justification surnaturelle que par la nécessité absolue de sauver la planète par ex. d’un taux de CO2 de 500ppm causé par ces rats humains et leur reproduction. Après des guerres de dépopulation massive le nettoyage final se fera en une semaine via des épandages de nano-armes virales programmées pour différencier les transélus des derniers humains à exterminer.

       
    • #1817836
      Le 12 octobre à 14:48 par JP
      Le singe devenu Dieu

      Mouais, je commencerais à m’inquiéter sérieusement le jour où les siloviki seront passionnés par l’immortalité. Les "spécialistes techniciens" de la surveillance sont le seul groupe ayant la capacité d’éviter de subir la mécanique de la lutte des classes.

      En supposant la possibilité de la réalisation des ruptures technologiques indispensables au projet, il y faudra au minimum des décennies, et probablement des siècles.
      Actuellement, l’empire américano-sionistes semble incapable de tenir aussi longtemps. par contre l’empire russe a un bel avenir devant lui.

       
    • #1820006
      Le 16 octobre à 06:27 par Socrade
      Le singe devenu Dieu

      @JP merci pour la remarque, je ne connaissais pas le mot siloviki. Le problème des Russes c’est qu’ils n’ont que 1000 ans de solidité derrière eux, les Elus 3000 et les chinois 5000. Pour mettre fin à l’humanité il faut un niveau de certitude et de supériorité cognées qui ne peuvent que provenir du passé et là les mieux placés sont les chinois. En plus ils sont eux aussi matérialistes et possède un autre solide avantage : un background historique de potentats tueurs qui se sont fait momifiés dans du jade dans l’idée de rester en vie. Très possible qu’à la fin il ne reste plus qu’un seul transhumain obèse qui aura tué tous les autres et il sera chinois, c’est tout à fait cohérent.

       
    • #1820691
      Le 16 octobre à 22:31 par JP
      Le singe devenu Dieu

      @Socrade
      Votre remarque est d’autant plus intéressante que les cultures asiatiques ne connaissent pas le tabou occidental qui freine le développement de certains bricolages biologiques.
      Mais bon, la classe dirigeante chinoise est une mixture de bureaucrates et de milliardaires qui s’empiffrent. Je ne les voit pas, pour le moment, lâcher le pouvoir au bénéfice de l’appareil de surveillance. Mais ça pourrait arriver lorsque le futur empire chinois devra, pour sa survie, y faire beaucoup plus appel.
      Dans tous les cas, si l’immortalité finit par arriver, à ce moment là, nous seront déjà morts pour l’éternité . Et Harari aussi

       
  • #1816684
    Le 10 octobre à 18:23 par Silence Radio
    Le singe devenu Dieu

    Aura bien rit qui Harari le dernier, c’est l’éternel espoir de l’homme inquiet.

     

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  • #1816981
    Le 11 octobre à 10:29 par T137
    Le singe devenu Dieu

    Bonjour.Sur les nano-technologies, il faut comprendre que le vivant, plantes et animaux,est le seul à le maîtriser.Exemple, les plantes à chlorophylle transforme du Co2 en sucre avec quelques photons.Le jour ou les " scientifiques " seront le faire ce sera une révolution totale.Cette création organique est déjà un miracle, les algues unicellulaires sont des micros dieux, une petite part de dieu.
    Sur l’évolution,un naturaliste ne peut être que frappé par certaine création de la nature, il est impossible que ces créations soient dues au hasard, on ne peut que penser à une transformation volontaire de la cellule, qui s’adapte pour survivre.pour moi la cellule vivante possède une forme d’intelligence créatrice.Les mutations génétiques ne sont pas liées au hasard mais à une volonté cellulaire.
    Toute contrainte sur la cellule est vouée à l’échec c’est elle qui décide,dieu à créé la cellule à son image.
    J’aime bcp les publications de Mr Guyénot
    Merci

     

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  • #1817116
    Le 11 octobre à 13:30 par Vlad
    Le singe devenu Dieu

    Ils peuvent chercher l’immortalité si ils veulent mais que la mort disparaisse et la vie disparaîtra avec puisque ce sont deux faces d’une même pièce.
    Pourquoi Harari ne se demande pas plutôt comment mieux vivre le temps à sa disposition au lieu d’enfermer son bonheur dans un à-venir ? Parce que si ce temps-là n’est pas déjà suffisant, en rajouter infiniment n’y changera rien.
    Le monde développé n’a jamais été aussi protégé de la mort, mais l’espérance de vie qu’il a gagné est finalement investie à regarder la télévision. Une oscillation entre boulot et hypnose (un avant-goût de la vie de cyborg ?).
    Mieux vivre, ou vivre tout court, implique peut-être justement d’accepter l’impermanence du corps et de notre histoire pour se concentrer sur autre chose de plus essentiel.

     

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  • #1817337
    Le 11 octobre à 19:19 par masque de chair
    Le singe devenu Dieu

    "Une approche plus audacieuse consiste à se passer carrément de parties organiques en espérant fabriquer des êtres entièrement non organiques"

    ça va être sympa pour faire l’amour, non ?

     

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  • #1817535
    Le 11 octobre à 23:24 par mouez
    Le singe devenu Dieu

    Super article vraiment, merci Laurent Guyénot. J’ai pas réussi à finir le premier opus de Harari, seule la curiosité liée à la surmédiatisation de ce bouquin m’y avait amené. Pour le reste tout est dit dans cet article.

     

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